Inquiétudes pour les baleines et dauphins de la mer Rouge, selon un nouveau rapport

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Manille, 24 octobre 2017 – La première étude détaillée sur les populations de dauphins et baleines de la mer Rouge suscite des inquiétudes quant aux menaces auxquelles sont confrontées ces espèces migratrices, dans une région marine où l’on pensait qu’elles étaient largement protégées des impacts des activités humaines et du changement climatique.

Un nouveau rapport majeur mené par la Convention sur les espèces migratrices (CMS), basée à Bonn, fournit la seule revue détaillée des cétacées de la mer Rouge, traversée par certaines des plus importantes routes maritimes du monde. Les chercheurs ont étudié les populations sur une période de 34 ans, rassemblant et vérifiant des données à partir des récits historiques, des recherches contemporaines et des observations.

Malgré le fait qu’à la fois la présence humaine et l’activité industrielle soient limitées le long des côtes de la région, les auteurs du rapport déclarent que « l’immense » quantité de pétrole transportée par les navires à travers la mer Rouge constitue un risque potentiel de marée noire significative.

Et ils identifient comme préoccupants le changement climatique, la pollution chimique et sonore, la perturbation des habitats critiques et les abattages directs et recommandent que l’état des cétacés de la mer Rouge soit surveillé de près.

La mer Rouge marque la frontière entre l’Afrique et l’Asie du sud-ouest et abrite d’importantes haltes migratoires pour diverses espèces migratrices. Le rapport souligne le fait que ces animaux ne sont pas conscients qu’il existe des frontières nationales ou des lignes de partage des eaux.

Le Pr. Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la CMS, a déclaré : « La mer Rouge est une zone écologique fragile exposée au développement, à la surexploitation et au tourisme non réglementé. Jusque récemment, les baleines et les dauphins de la mer Rouge n’avaient jamais fait l’objet d’enquêtes scientifiques ciblées et directes et cela a freiné les efforts de conservation. Les conclusions du rapport fournissent des données de référence critiques pour que les décideurs politiques puissent traiter les principales menaces affectant ces animaux. »

« Les décisions pour préserver les espèces migratrices ne peuvent être pertinentes que si elles s’appuient sur des faits et constatations scientifiques. L’observation sur un temps long est un élément fondamental, et ce rapport de synthèse sur les cétacés de la Mer Rouge en apporte une belle démonstration. Je suis moi-même un observateur de la Terre depuis plus de 40 ans, et j’ai vu les changements qu’elle subit du fait de l’inconséquence des hommes. Il n’est jamais trop tard pour inverser la tendance. » a déclaré le Ambassadeur global de bonne volonté de l’ONU environnement Yann Arthus-Betrand.

La CMS organise sa 12ème Conférence des Parties (COP) ce mois à Manille, aux Philippines, lors de laquelle le rapport sera présenté. Le sommet devrait être la plus grande COP de la CMS à ce jour, avec plus de 400 délégués gouvernementaux représentant plus de 120 pays attendus.

Les espèces migratrices sont particulièrement vulnérables aux modifications de leurs habitats, étant donné les distances qu’elles parcourent. Pourtant, elles rendent d’importants services écosystémiques, qui affectent les économies des pays se trouvant sur leur route migratoire. La protection des espèces migratrices nécessite la coopération des pays dont elles traversent les frontières.

La CMS fournit une plateforme internationale pour la conservation et l’utilisation durable des animaux migrateurs et de leurs habitats. Son sommet triennal réunit les États que les animaux migrateurs traversent et pose les fondations juridiques pour des mesures de conservation coordonnées à l’échelle mondiale.

Le rapport sur les cétacés de la mer Rouge identifie 16 espèces de baleines et de dauphins, dont neuf sont présentes régulièrement, comme la baleine de Bryde, la fausse orque, le dauphin de Risso, le dauphin à gros nez, le dauphin tacheté pantropical et le dauphin à long bec. Sept sont rarement présentes car elles sont en visite occasionnelle depuis l’océan Indien à proximité dont elles sont originaires, dont le rorqual d’Omura, la baleine à bosse, le cachalot nain, l’épaulard, le globicéphale tropical, le sténa rostré et le dauphin bleu et blanc.

En plus des espèces ayant une répartition mondiale, le rapport identifie certaines espèces spécifiques de l’Indo-Pacifique, telles que le dauphin à bosse de l’océan Indien, le grand dauphin de l’océan Indien et le dauphin commun de l’Indo-Pacifique.

Le tourisme non réglementé, en rapide développement et qui réquisitionne les aires de repos des dauphins menace d’extirper certaines espèces, telles que le grand dauphin de l’océan Indien et le dauphin à long bec, de leur habitat critique, selon les auteurs du rapport.

Unregulated, rapidly-developing tourism, which takes advantage of dolphin resting areas is placing species such as Indo-Pacific Bottlenose Dolphins and Spinner Dolphins at high risk of extirpation from their critical habitat, the study’s authors reported.

« L’environnement marin de la mer Rouge est de plus en plus soumis à des pressions humaines depuis 30 ans, du fait de la vulnérabilité naturelle de cette mer semi-fermée, ses habitats délicats (récifs coralliens, herbiers et mangroves) étant toujours plus dégradés, les réserves de poissons épuisées, les espèces vulnérables davantage menacées et les zones marines de plus en plus polluées par la production et le transport de pétrole ou dégradées localement par les déchets humains issus des grands centres urbains, » indiquent-ils.

« Nous espérons qu’en créant une fondation plus solide des connaissances existantes sur les cétacés de la mer Rouge, nous contribuerons aux efforts de conservation nationaux, régionaux et internationaux et aiderons à garantir un avenir pour cette partie importante de la biodiversité marine de la mer Rouge. »

Pour des interviews ou pour parler à un expert, veuillez contacter :

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Last updated on 28 October 2017